Vais-je ici vous raconter ma vie ? Non.
Vous dire combien j'ai traversé d'épreuves pour en arriver là ? Non plus.

Et la photo on en parle ?
Ce texte n'est pas une bio, il fait échouer.

Que reste t-il de nous, des choses, une fois retiré le bruit ambiant ? Il est possible que tout tienne dans un dé à coudre et que ceci soit plus réel qu'on le croit.

J'ai suivi des études de philosophie mais je me sentais philosophe avant, pendant et après ces études.

Le rejet de la pensée profonde, dans certains milieux du développement personnel ou de la thérapie, m’a alerté. La réflexion y est parfois placardée au nom d'un “alignement” fétichisé.

La pensée y est tolérée quand elle ne déplace rien et disqualifiée dès qu'elle trouble la tenue du discours. 


Je ne me définis donc ni par l'un ni par l'autre, et mon geste les traverse. De mon côté si je ne pense pas, je suis quand même. Dans un latin incorrect : non cogito ergo sum.

La tête n'est pas le centre de gravité de l'humain, pas plus que les synthèses par laquelle on tente de la remplacer de nos jours. Le vide est juridique, sans cadre il est récupéré.

Bref, je  ne me sens d'aucune école, d'aucun principe, tout ce qui est déjà balisé ne m'intéresse pas ou peu.

Si Franck Sinatra chantait I do it my way, je chante I do it the hard way et c'est étrangement un moyen que j'ai de me simplifier la vie.

J'ai toujours aimé la  complexité, me confronter à ce que je ne connais pas, avec des limites qui sont les miennes. Transmission n'est pas filiation.

Il existe des étiquettes contemporaines à ma disposition pour me dire à ma place et créer un raccourci mais ce texte montre qu'en présence du langage j'opère mieux qu'en objet d'étude.
Je ne fonctionne pas, je parle.

Il me faut conclure ce machin que j'écris alors voici ceci : toi qui lit je ne te connais pas, tu as ta propre trajectoire, ton vécu, tes opinions peut être même un paquet que tu trimballes et qui te fait sonner aux portiques de la justesse mais ce texte t'es aussi adressé.

Si je l'ai écrit, c'est pour souffler qu'ici quelque chose se tient, et que parfois, peut-être, des choses que nous cherchons sont en réalité déjà là, sous une forme que nous n'attendions pas.